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Ne sachant que faire, il fuit Corinthe et ses parents adoptifs pour prendre le chemin de la Béotie. Non loin de Delphes, il rencontra un vieillard, se querella avec lui et le tua en coupant le timon de son char. Malédiction ignorée par Œdipe, le vieillard n’était autre que Laïos son père géniteur.
La première prédiction de l’oracle était accomplie !
Œdipe continua sa route et parvint aux portes de Thèbes où il rencontra le fameux Sphynx, véritable monstre qui dévore les voyageurs qui ne résolvent pas ses énigmes.
Le Sphynx lui posa cette énigme :
- « qu’est ce qui a quatre pattes le matin, deux pattes le midi et trois pattes le soir ? »
- « C'est l'homme » répondit Œdipe ! »
Le Sphynx courroucé et dépité se jeta du haut d’un rocher et se tua. Il libéra ainsi le pays de la terreur.
Accueilli à Thèbes comme un héros et un bienfaiteur, Œdipe fut nommé roi, il épousa la reine veuve Jocaste ignorant qu’elle était sa mère. Ainsi s’accomplit la deuxième prédiction.
Quatre enfants naquirent de cette union incestueuse : Etéocle, Polynice, Antigone et Ismère.
Quelques années plus tard une peste s’abattit sur la ville. Que faire pour se débarasser de ce fléau ? Œdipe consulta de nouveau l’oracle qui lui suggéra d’expulser le meurtrier de Laïos. Œdipe, ignorant son crime, lança de graves imprécations contre le responsable du meurtre de Laïos. Devant cette situation, le devin Tirésias fit comprendre à Œdipe l’insoutenable vérité.
De honte, Jocaste se pendit et Œdipe se creva les yeux. Chassé de Thèbes, il erra dans la contrée en mendiant, accompagné de sa fille Antigone qui seule lui était restée fidèle.
Il se réfugia en Attique auprès de Thésée. A Colone, non loin d’Athènes, les Erynies l’entraînèrent dans la mort. Thésée fit une sépulture à Œdipe victime de la terrible fatalité. Le tombeau d’Œdipe était une garantie de victoire pour le peuple athénien. (D’après la tradition homérique, Œdipe resta roi de Thèbes et mourut à la guerre.)
Ce funeste et sanglant destin d’un meurtrier involontaire de son père et coupable d’inceste avec sa mère inspirèrent Sophocle qui écrivit en 430 avant JC : « Oedipe roi ».
Malgré la volonté humaine de sa famille pour changer la prédiction Œdipe ne put échapper à son destin. Cette œuvre eut une influence considérable sur la littérature et le Théâtre.
« Oedipe roi » est aussi le support de la thèse de Freud : le complexe d’Oedipe. Aujourd'hui, cette interprétation est toujours controversée. Selon Freud, le complexe d’Oedipe est un ensemble organisé et structurant de désirs amoureux et hostiles que l’enfant éprouve vis-à-vis de ses parents. L’enfant éprouverait un désir amoureux pour le parent du sexe opposé et un désir hostile à l’égard de l’autre parent du même sexe qui lui apparaît comme un rival.
A noter
Le complexe d’Electre est celui éprouvé par l’enfant du sexe féminin.
Electre était la fille d’Agamemnon et de Clytemnestre. Elle voulut venger son père de l’infidélité de sa mère en poussant son frère Oreste à tuer sa mère et son amant Egyste. Cette vengeance fut l’inspiratrice de pièces de théâtre Eschyle (les Choéphores), Sophocle, Euripide et Jean Giraudoux qui écrivit « Electre » en 1937.
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