ll existe une région de Grèce bénie des dieux qui vit naître les Centaures, créatures mythologiques au buste d’homme et à la croupe de cheval.

Leur vie était mi-éternelle et mi-mortelle, ils aimaient voir les hommes heureux et ressentaient leurs souffrances.

Tantôt bon vivants insouciants et tantôt dieux tout puissants, ils furent les maîtres et conseillers auprès des hommes des dieux des demi-dieux et des héros, leur connaissance des plantes des fleurs étaient remarquable, elles n’avaient pas de secret pour eux quant à leur propriété médicinale.

C’est ainsi qu’Esculape, Jason, Achille et bien d’autres furent leurs élèves, les cours étaient dispensés particulièrement par le Centaure Chiron dans sa grotte- école qui porte son nom. Ainsi de nombreuses légendes sont liées à la nature, la vie de cette région fabuleuse.

On peut citer celle des argonautes : Jason construit avec son équipe le fameux bateau Argo (d’où le nom argonautes) pour chercher sur les côtes de la mer Méditerranée chance et fortune et exécuter l’ordre du roi Péléas : naviguer vers ce pays mythique de Colchide (Pont Euxin et mer Noire) afin de rapporter la toison d’or.



Péléas était roi des habitants d’une célèbre contrée de cette région, la Magnésie.

Je vais tenter de vous parler du charme de cette région que j’ai pu visiter lors d’un séjour chez ma cousine qui y vit 6 mois de l’année.

Elle se situe entre Athènes et Salonique, plutôt vers le Nord, le Pélion est reconnaissable sur la carte, c’est une péninsule en forme d’index, son extrémité sépare la mer Egée du golfe Pagasétique. La grande ville est Volos.

Une région encore protégée par le tourisme de masse mais qui est bien connue des grecs.

Des paysages montagneux à la végétation luxuriante, et des plages de sable fin aux eaux pures cristallines, le Pélion constitue une région presque paradisiaque.

Dans la montagne, on rencontre des forêts de hêtres et de châtaigniers, on se laisse surprendre par une cascade dont l’eau jaillissante semble jacasser, plus bas un ruisseau apaisant coule avec paresse; l’oeil est comblé par la végétation abondante et variée; Plus loin des grottes chargées d’histoire et de légendes. 

Quel bonheur de se promener dans les ruelles des villages où se dressent des maisons typiques de pierre restaurées à l’authentique, qu’il est bon, par temps de chaleur de répondre à l’invitation du platane pour profiter de son ombre bienfaisante.



L’hiver la neige recouvre les massifs montagneux, une station de ski, celle d’Agriolefkès attire de nombreux amateurs. A partir des villages de Portaria, Makrynitsa et de Zagora en montant jusqu’au sommet Pliasisidi (1548m d’altitude) la vue est d’une beauté époustouflante, on distingue la plaine de Thessalie, les cimes de l’Olympe et l’immensité de la mer.

Où que l’on soit au Pélion, on a le sentiment d’être accompagnée par une présence amicale, le paysage si beau et accueillant, les habitants dont l’hospitalité est remarquable. Et puis ces visages si souriants.., une harmonie parfaite entre l’homme, la nature et les dieux.

Un peu d’histoire

Durant la période du Moyen âge et de Byzance les terres du Piélion furent envahies par des peuplades venant de Macédoine ou d’Epire.

396 : invasion des Goths

577 : invasion de la Magnésie par les Slaves

 Après la prise de Constantinople par les francs en 1204, la région passe sous leur domination. Il faut noter que le commerce était très florissant, des traités d’échange commerciaux furent signés entre Pise (traité spécial avec l’état byzantin) ensuite Venise et Gênes firent du golfe Pagassitikos un grand centre d’échanges commerciaux.

Après plusieurs tourmentes, la domination ottomane s’installa en 1423, remarquons que 24 villages ayant construit les fameuses constructions typiques reçurent des privilèges de la part des Ottomans. 



Citons quatorze d’entre eux Makrinitsa, Drakia, Aghios Lavrentinos, Karabassi, Kissos Pinakates, Vyzitsa, Argalasti,Sykia, Lafkos, Promyri,Anilio, Kissos, ces villages étaient dits Vakoufia (offerts à des maisons de charité).

Par opposition au reste des villages qui étaient des propriétés du sultan mais toujours avec des privilèges : Mouressi, Makryachi, Zagora, Ano Volos, Portaria, Katochori, Miliès , Niochori, Tsangarada etc.

Puis vint la révolution de 1821, 1854 et 1878 pour la libération de l’occupation ottomane;

la région fut annexée à la Grèce en Août 1881.

Volos et les villages que j’ai le plus aimés

La ville principale est Volos, c’est une ville de Province reconstruite après plusieurs grands tremblements de terre, elle se situe au pied du Mont Pélion, sa population est de 71000 habitants, c’est le centre économique et administratif de la région, 3e port de Grèce, ses ruelles piétonnes sont idéales pour les balades, et j’ai pu admirer la cathédrale en pierre rose de Saint Nicolas. Un musée regroupant des collections d’objets préhistoriques, et surtout les célèbres stèles funéraires de Dimitrias où l’on peut admirer les peintures antiques restées intactes.



Un aéroport situé à 20km de la ville la relie à Athènes et également à la ville de Kastoria.

Bien sûr on peut y aller en voiture où par voie ferrée ou maritime.

Makrynitsa est un petit joyau, le balcon du Pélion il se situe à 630 m d’altitude au nord de Volos, j’ y ai trouvé de belles demeures bourgeoises du 18e siècle, quel plaisir de se promener dans les rues piétonnes, elles convergent toutes vers une superbe place qui est entourée par des platanes de plus 300 ans , sans oublier les fontaines de marbre dont les eaux s’appellent : ”eaux immortelles” et la basilique Saint Ioannis Prodromos ainsi que le Musée des arts populaires du Pélion.

J’y suis allée, une demi heure avant la nuit, le charme est alors décuplé, je ne me lassais pas de regarder en bas du village, les lumières des maisons qui s’y trouvaient sembler former une magnifique et magique broderie féerique en arc de cercle.

Tsangarada

C’est un village construit au milieu d’une forêt de châtaigniers, un amour de platane millénaire trône sur la place (14 m de circonférence), on voudrait l’embrasser il parait si protecteur.

Une petite route m'amène sur la belle plage de Milopotamos, au sable fin et aux eaux cristallines.

Vizitsa 

Là j’ai véritablement pu admirer les maisons traditionnelles restaurées par l’office grec du tourisme hellénique, elles se dressent majestueusement, elles sont construites en pierre et en bois, elles comportent trois étages, de petites fenêtres, des murs en pierre épais,la cuisine est située en général au deuxième étage, le troisième étage est fait en bois, il possède plusieurs fenêtres et une lucarne,à l’entrée il existe un linteau en marbre ou en pierre.



MIiès

Mon village préféré! il est construit en amphithéâtre et est situé sur une pente verdoyante, son nom fait allusion aux pommiers qui donnent encore les plus belles pommes de Grèce.

C’est un jardin d’arbres fruitiers où on cultive aussi des abricots et des pêches

tout près du village se trouve la fameuse caverne-école du centaure Chiron dont nous avons parlé plus haut. qu’il fait bon de se réfugier à l’ombre des arbres de ce village.

La bibliothèque de Miliès est célèbre, elle comprend beaucoup d’ouvrages et de documents relatifs à la révolution grecque, des livres très anciens rares et des instruments de physique et Chimie.

Un régal, le train de Miliès

Un train avait été construit à la fin du 19e siècle pour relier les régions agricoles du Pélion à Volos, ce train appelé par les habitants ”moutzouris” ou “arapis” en raison de la suie qui salissait, avait été mis en retraite et ne fonctionnait plus.



Quand j’y étais allée des techniciens se penchaient sur son sort et avaient décidé d’en faire un petit train touristique.

Depuis peu un tronçon de 28 km a pu être exploité le week end comme attraction. Le train arrive à la mer; J’imagine cette balade ferroviaire bien agréable, parmi la végétation florissante et odorante à la fois.

Il me faut parler aussi de Zagora qui donne sur la mer Egée où l’épanouissement culturel dû au “Grécomusée” Ecole bâtie dans les châtaigniers connue souvent sous le nom de Ecole de Righa” car le fameux héros défenseur de la liberté (sous l’occupation ottomane) et poète Righa Féraiou était un disciple de cette école. 

Les villages sont tous beaux avec leur personnalité, celui où demeure ma cousine se nomme Affisos, il se situe sur la côte du golfe Pagassitikos, la plage de sable fin est divine.

les habitants charmants, j’ai découvert là bas, le plat de la région, le fameux spétsofaï que l’on mange en hiver fait avec des saucisses du Piléon.



Les plages sont très belles , les petites criques encore plus agréables, souvent de sable fin l’eau y est particulièrement limpide .

C’est une région d’enchantement perpétuel, les dieux sur le mont Olympe la protègent.

Comment aller en voiture?

En quittant Athènes on rejoint Léoforos Athinon puis Léoforos kifisiou en direction de l’autoroute E 75, puis on prend ensuite la E75/1en direction de Lamia sur 292 km, et on sort de l’autoroute, on prend la route 30 en direction de Volos.

Irène Chevrier