cyclades grece santorin
 
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Les hors d'oeuvres
mezès, ou mezédès, ou mezédakia ou pikiliès si vous avez de la chance, ils constituent une expérience inoubliable : ils peuvent même constituer un repas complet, très varié et savoureux.
Dommage qu'il faille souvent aller jusqu'au Liban pour goûter les meilleurs.
Boisson conseillée ? l'ouzo, bien sûr, mais avec modération!





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Ne vous cassez pas la tête : le plus simple, et pour les étrangers la coutume est admise, c'est d'aller voir dans la cuisine. On s'y fera un plaisir de vous montrer les richesses de la maison! Vos yeux et votre nez seront les guides de votre estomac. En règle générale : le poisson est toujours très frais et très bon, mais cher (comparé aux autres mets).

Le service est toujours surprenant : tout vous arrivera dans un innocent désordre, après un délai d'attente variable (les rappels sont inefficaces) et à des températures imprévisibles. En fait, la plupart des plats ne sont vraiment chauds qu'à la sortie du four et tout est cuit en une fois, le matin. Plus le temps passe, et plus la température baisse... Heureusement, il fait chaud. Mais vous aurez sûrement l'occasion de déguster les "patatès tiganitès" (équivalent grec de nos frites nationales) tièdes ou froides. C'est spécial....

Les boissons
Il n'y a malheureusement plus de bières grecques et c'est dommage. Les bières indigènes (FIX et HELLAS) étaient brassées par des anciens de l'Institut Meurice (CERIA)1. Vous vous consolerez avec des bières allemandes ou hollandaises, très généreusement servies ("mikra i mégali bira" = petite ou grande bière). Il y a le remarquable retsina, vin jeune, blanc, rosé, parfois rouge, parfumé à la résine de pins (qui vient souvent du nord de l'Eubée). Il faut le boire tiré du tonneau ("apo to varéli") : en bouteilles... rien de formidable ! Certains aiment ainsi le retsina d'emblée. Pour les autres : les grecs disent qu'avant de croire qu'on ne l'aime pas, il faut au moins en avoir goûté 7 fois "apo to varéli", bien sûr. Et "crio" (frais).

1. Il faut toutefois ajouter la bière Mythos, brassée en Grèce depuis 1996.

Il y a enfin l'eau
La miraculeuse et délicieuse eau grecque ... si elle vient de la source, car l'eau de distribution est souvent très chlorée. La meilleure eau minérale est celle de Loutraki. Celle de "Lépante" n'est pas mauvaise non plus. Quant à l'eau pétillante : le mot magique, si vous en cherchez est "soda" (le "d" se prononce comme le "th" doux en anglais).

Pour l'apéritif
Il y a l'ouzo national : c'est un apéro anisé, comme on en trouve dans tout le bassin méditerranéen, le cousin du pastis. Plus ou moins parfumé avec la "mastikha" (sève d'un arbuste cultivé dans les îles et pour la possession duquel il y a eu des guerres), chaque ville a SON ouzo à découvrir. Pour la petite histoire, l'origine du nom : cet apéritif pendant très longtemps a été fabriqué ... en Italie, à Venise, et sur les emballages était écrit "uso greci" : à l'usage des grecs... L'ouzo se boit dans un petit verre et l'eau est servie à part dans un grand. Mais personne ne vous empêchera de mélanger les deux.

Il y a aussi le "porto" grec, le "mavrodafni" (littéralement : laurier noir) que l'on sert chauffé au bain-marie comme le saké à condition de ne pas prendre le volant après. Mais, bien frappé, au frigo, ce n'est pas mal non plus à condition de ne le dire à personne : le boire froid, c'est comme ici boire le champagne chambré!
La zone de production est la région de Patras : pas loin.

Et le digestif
Après le repas, vous pourrez déguster une des très nombreuses liqueurs du pays, mais pas dans une taverne : pour cela, rendez-vous dans les pâtisseries ("zacharoplastia"). Dans ce vaste domaine, difficile de vous conseiller : tout est question de goût : menthe, cacao, café, banane, framboise, fraise des bois, citrons, épices ?... Si vous voulez vous livrer à une étude sérieuse des liqueurs grecques vous pourrez acheter de petits échantillons en mini-bouteilles. Une suggestion ? Boire les liqueurs bien frappées. A essayer aussi : le "cognac" grec plus fruité que son équivalent français. Le meilleur est le Metaxa 7 étoiles, mais il est rare. Le 5 étoiles n'est pas mauvais. En dessous, à fuir! Et, si vous avez un gosier résistant, osez le "tsipouro": c'est un alcool artisanal, "genre" grappa et qui titre ... c'est variable, mais c'est beaucoup. Pour le parfumer, on utilise parfois des ingrédients surprenants, comme de l'oignon par exemple !

Le fameux café Grec.
Ne dites jamais café turc : vous vous feriez inutilement des ennemis. Il est servi dans de minuscules tasses, bouillant. On peut le boire "skéto" (sans sucre), "métrio" (moyennement sucré), "gliko vrasto" (sucré et très bouilli) ou "vari gliko" (très sucré).

D'où vient ce café grec ?
Pendant la période turque, seuls les occupants avaient les moyens de consommer du vrai café comme le nôtre. Les pauvres grecs eux, récupéraient la poussière du café dans les moulins et la faisaient bouillir comme une infusion... Il faut boire ce café très chaud. Un truc pour ne pas vous ébouillanter la bouche : aspirez le café à la surface. Cela fait beaucoup de bruit mais vous ne choquerez personne. Et vous éviterez d'avaler la lie qui se trouve au fond de la tasse.

Les desserts
Mauvaise nouvelle : la tradition n'existe pas dans les tavernes : inutile donc de demander des fruits ou du fromage Par contre, s'il y a un vendeur de crèmes à la glace dans les environs, rien ne vous empêche de les consommer à votre table. Les fruits sont bien entendu délicieux mais gagnent à être bien lavés. N'oubliez pas les fruits secs ("xiri karpi") : il y en a de curieux (pois chiches, etc ) et les raisins secs de Corinthe évidemment sont vraiment délicieux. Il y a aussi les fruits et légumes confis ou en sirops.

Les fromages
Pour les fromages, vous aurez rapidement épuisé le sujet. Attention: le "kéfalotiri" en principe se consomme cuit. Si les goûts très robustes ne vous font pas peur, osez le « missitra ». Emietté sur des pâtes, il passe...

Charcuteries à essayer à tout prix si vous en trouvez : le pastourma
(Pastourma). Le demander en tranches fines (« se psitès fetès »). C’est un équivalent parfumé de la viande des grisons (à mon avis, c'est meilleur) et cela ne coûte rien. Idéal tel quel avec des figues ou du melon en hors d’œuvre ou grillé comme du bacon avec des oeufs. Il est recommandé d’enlever l’épaisse couche d’épices avant de le consommer ou de le cuire.

Jean MORREN