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Depuis 81, je retourne rarement, car à chaque fois déçu par des paysages défigurés et "normalisés" prétentieusement pour ressembler à la Côte d'Azur et autres Riviera.
Les gens aussi ont changé: à l'époque, beaucoup d'Athéniens (comme les Parisiens d'ailleurs) étaient des provinciaux "montés" à la capitale. On retrouvait encore cette âme sincère, parfois curieuse et cancannière, mais jamais indifférente, avec cette chaleur humaine si précieuse.
Aujourd'hui, on croise des zombies, blasés d'être européens, blasés des touristes qui circulent en troupeaux de vache à lait (les techniques pour les traire sont éculés pour tout grec digne de ce nom).
J'ai connu la Grèce pauvre économiquement, sous-développée, mais si riche en relations humaines, en inventivité, en créativité. ce côté sympathique du "système D" qui fait que le standard n'existe pas, la norme non plus. Seule subsiste la beauté à l'état pur ; le jeu des couleurs sous le ciel bleu sans nuage.
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Et le caractère du Grec était comme ce pays : parfois fruste, mais toujours riant, optimiste, chaleureux et désintéressé.
Cependant, malgré tout, quand on se risque sur les chemins de traverse, les petites départementales, les villages qui sont à peine mentionnés sur la carte, tous ces endroits non encore touristiqués (pour combien de temps encore ?); quand on quitte l'hyper-centre pour s'aventurer dans les ruelles sombres et fraîches (je n'ai jamais connu de délinquance en Grèce), on retrouve cet or qu'est la relation humaine sans fard, sans arrière-pensée, le contact à l'état pur, au-delà des mots parfois difficiles de l'étranger, avec maints gestes mais surtout l'élan du coeur.
Un autre aspect sympathique: juste une anecdote, un proverbe : "En Grèce, rien de plus durable que le provisoire". Toutes ces ficelles et cette ingéniosité déployés pour faire quelque chose de beau, d'utile, à partir de 3 fois rien, avec les moyens du bord.
Christophe Voliotis
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